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Affaire Comores v CAF: la CAF poussée à son dernier retranchement, l’Ethiopie possible grand vainqueur du procès

 

Le match Cameroun v Comores continue devant le TAS. les Comores réclament une victoire 3-0 par pénalité

Le procès qui oppose les Comores à la CAF devrait connaître son épilogue très bientôt avec une décision du TAS qui déterminera qui du Cameroun, les Comores ou le Malawi participera finalement à la prochaine CAN, prévue en Égypte du au 21 juin au 19 juillet 2019.

Comme nous l’annoncions dans une chronique précédente, l’enjeu et la clef de cette affaire pourraient être l’interprétation du fameux article 92 alinéa 3  des statuts de la CAN QUI dispose:” retrait notifié moins d’un an avant la date du tournoi final: amende de cinq cent mille (500000) dollars us et suspension à la prochaine édition de la CAN de son équipe nationale A sans tenir compte de l’édition concernée”. Au vu de la tournure des événements, cela semble d’ailleurs être désormais le dernier rempart de la Caf qui est poussée à son dernier retranchement et qui semble avoir épuisé toutes ses cartes.

Ben Amir Saadi, manager général de l’équipe de football des Comores, devenu le cauchemar de la CAF

La CAF aurait d’abord aimé voir les Comores se plier à ses décisions comme le firent le Cameroun, la côte d’ivoire et autres. les pressions politiques et diplomatiques ont été inefficaces à ce propos. Face à la témérité de Ben Amir Saadi, le très teigneux manager général de l’équipe comorienne, la CAF a ensuite usé de dilatoire pour empêcher l’affaire d’aller au TAS. Aussi a-t-elle refusé de payer sa part des frais de procédure. Obligé finalement de se présenter devant les arbitres à Lausanne, elle joue alors la carte du vice de procédure pour stopper l’affaire en argumentant tour à tour qu’elle n’est pas concernée par cette affaire qui devrait opposer les Comores au Cameroun, puis que les Comores n’ont pas intérêt en ce procès, et enfin en contestant la compétence du TAS sous prétexte que les Comores n’ont pas épuisé les voix de recours interne. Mais de tels arguments nous semblent avoir peu de chance de prospérer. C’est du moins l’enseignement qu’on peut tirer de la tournure des événement et de l’attitude de la CAF.

Ahmad Ahmad, Président de la CAF embarassé par les petits Comores

La CAF semble en effet anticiper sur l’éventualité très probable que l’affaire soit vidée au fond. Consciente que l’interprétation de l’article 92 soit leur dernier rempart, elle a annoncé étudier la possibilité que l’Éthiopie participe finalement aux éliminatoires du chan 2020 dont l’organisation lui a été récemment retirée au profit du Cameroun. l’Éthiopie serait  ainsi la grande bénéficiaire de ce procès. Une façon sans doute d’orienter le TAS vers une interprétation de l’article 92 qui consisterait à penser, comme nous le démontrions dans une chronique précédente, que la suspension du Cameroun ne s’applique pas à la can 2019 mais à celle 2021.

une interprétation qui viendrait anéantir les prétentions des Comores qui soutiennent qu’en décidant du retrait de la Can au Cameroun, la Caf devait aussitôt lui notifier la fin de sa participation aux éliminatoires conformément à l’article 92. Dès lors, le Cameroun étant déclaré forfait après avoir participé à l’ensemble des matchs de la première moitié des éliminatoires,  il devait perdre les matchs restant par pénalité 3-0, conformément à l’article 61. ce qui devait replacer les Comores deuxième, et c’est selon ce mécanisme qu’ils prétendent prendre part à la CAN en lieu et place du Cameroun.

André Marie Awoumou Manga, chroniqueur sportif, juriste d’affaire

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