Cameroun

Cameroun: Pierre Semengue – Dans le football comme à la guerre

Selon toute vraisemblance, le général d’armée de deuxième section ne savoure mieux la vie que lorsqu’il arbore son treillis militaire ou un costume de dirigeant de foot. Durant les huit années à la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC) ce dernier n’a jamais hésité à tronquer ses godasses par des rangers quand il se sentait en danger.

Est-ce la fin de huit ans de gestion sans partage de la LFPC ? La question brûle les lèvres. Beaucoup sont tentés d’y répondre par la négative au vu de la déclaration du général – président quelques heures après que le Comité exécutif de la Fédération camerounaise de football ait confirmé la suspension de la LFPC et créé un Comité technique de transition.

Lorsque Pierre Semengue avance des termes de combat tels que « Je défendrai … jusqu’au bout », « Je suis victime d’une tentative de coup d’État », cela rappelle inéluctablement qu’il s’agit avant tout d’un militaire, et donc par principe, d’un combattant disposé à mener la “guerre” jusqu’à sa dernière goutte de sueur. Cela laisse penser que Pierre Semengue ne s’avouera point vaincu aussi facilement dans cette crise qui l’oppose à la Fécafoot.

Il vient de donner quelques tirs de sommation par une contre-attaque sur le terrain judiciaire. Conscient que sa kalachnikov lui réserve une dernière balle pour l’assaut final. Elle pourrait être flanquée par la saisine de « la plus haute hiérarchie du pays » qu’il présente par ailleurs comme son ami. Cet ami ne l’aurait jamais abandonné sur un front sans assistance. Le Chef de l’État a toujours été son principal bouclier.

D’aucuns parlent d’un retour d’ascenseur après le coup d’État manqué de 1984. Quand le militaire Pierre Semengue déjoue la tentative de putsch et rend le pouvoir au civil Paul Biya. Presque de l’inédit dans l’histoire des nations.

Hier comme aujourd’hui, le général mesure bien le poids de l’acte qu’il a posé, et n’hésite pas à recourir au palais quand il le juge nécessaire. Pour solliciter un déblocage des fonds en urgence dans le but de faire tourner le football professionnel, ou encore pour mettre au pas sa hiérarchie qu’est la Fécafoot. Dans ce sens, il a affirmé lors de sa conférence de presse donnée le 3 septembre 2019 au siège de la LFPC, que lorsque Me Dieudonné Happi, l’ancien président du Comité de normalisation de la fédération voulait suspendre la subvention de 410 millions F que la fédération verse chaque saison à la LFPC, il a sollicité l’intervention de «la haute hiérarchie». Celle-ci a enjoint à la Fécafoot de s’exécuter, d’où le versement dans les comptes de la Ligue de 200 millions. Pourtant, il est connu qu’à la création de la LFPC en 2011, la subvention de la Fécafoot était censée disparaitre en 2014. La Ligue continue d’en recevoir sous un air de défis contre sa tutelle.

C’est d’ailleurs presque ainsi que ces huit dernières années, le boss de la LFPC s’est imposé sur tous les dirigeants de l’instance faitière nationale de football. Tour à tour, l’ancien président du Tonnerre de Yaoundé a vu passer cinq patrons à la Fécafoot (Iya Mohamed, Joseph Owona, Tombi à Roko, Dieudonné Happi, et maintenant Seïdou Mbombo Njoya). Les relations avec ces derniers n’ont pas toutes été harmonieuses. Pierre Semengue a toujours été combattu mais jamais abattu. Avis donc à Seïdou Mbombo Njoya et son équipe qui n’ont que quelques mois à la tête de la Fécafoot.

Merci

C’était mon penalty

Par Christian Djimadeu, journaliste

christiandjimadeu@gmail.com

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