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Délocalisation généralisée des clubs au Cameroun : textes mal rédigés ou mal appliqués?

On se souvient encore des propos du coach Sokba Oumarou d’Apejes en début de saison dernière: “la loi du domicile n’existe plus dans notre championnat”, et pour cause, très peu de clubs reçoivent sur leurs installations. Pire encore, en ligue 1, 11 clubs sur 18 reçoivent hors de leur ville d’origine dont 10 hors de leurs départements, et 5 hors de leur régions. même constat en ligue 2 où 9 sur 15 reçoivent hors de leur ville, tous hors de leurs départements et 4 hors de leurs régions.

l’on pouvait penser que cette situation était liée à la volonté de faire jouer les matchs des championnats professionnels du Cameroun sur des stades avec Gazon, mais non, puisqu’il y a des cas curieux qui semblent indiquer une autre logique. Ainsi, Racing de Bafoussam, seul club de la ville de Bafoussam ligue 1 et 2 confondus, a choisi d’aller recevoir sur de la terre à Foubot alors qu’il y a un stade avec gazon à Bafoussam (stade omnisport de kouekong).

Le service des compétitions de la LFPC, dans un séminaire organisé en prélude au démarrage du championnat à l’attention des journalistes se justifiait de la parfaite légalité de ces délocalisations en évoquant les articles 21 du règlement de la ligue 1 et 22 du règlement de ligue 2 qui disposent: “les clubs ne peuvent être considéré comme évoluant à domicile, que sur des installations situées dans leur département d’origine ou, à défaut et après autorisation préalable du conseil d’administration, sur des terrains situés dans leur région d’origine ou dans une autre région”.

Ces articles semblent pourtant suggérer qu’un club ne peut recevoir hors de son département d’origine que s’il n’y a pas de stade dans ce dernier et sur accord du conseil d’administration. Or le cas de Racing de Bafoussam sus-évoqués va à l’encontre de cette interprétation. Par ailleurs, il est curieux de constater que ces articles ne donnent pas la primeur à la région d’origine, et ne précisent pas sous quelles conditions le conseil d’administration délocaliserait un club. Difficile donc de comprendre sous quelle logique Lion blesse de Foutouni reçoit sur un terrain non gazonné à Obala alors qu’il y a un stade de même standard homologué à Dschang. Pareil pour Matelots de Douala qui traverse le Stade d’Edea pour se retrouver à Mfou. Des cas où l’on ne peut évoquer ni la sécurité, ni la qualité de l’aire de jeu. Du coût on assiste à une situation où chaque club choisit librement le stade où il reçoit, une situation qui résulterait tantôt d’une mauvaise interprétation du règlement, tantôt d’une mauvaise rédaction.

Ceci ne va malheureusement pas dans le sens de l’équité et du Fair-play, puisque favorisant quelques pratiques condamnables. Ainsi des présidents de clubs peuvent aller créer leurs clubs dans des départements peu compétitifs pour monter facilement en première division, et les relocaliser ensuite dans le lieu souhaité, c’est le cas d’Apejes et fortuna de Mfou, qui n’ont presque plus de lien avec la ville de Mfou. dans le même esprit, des présidents de clubs peuvent acheter des clubs dans une ville et les relocaliser dans une autre, c’est le cas de Matelots et Lion blessé. Ces pratiques entraînent par ailleurs une répartitions géographique artificielle des clubs, et peuvent avoir un impact négatif sur la billetterie.

André Marie Awoumou Manga

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