Cameroun

Gestion du foot camerounais Seïdou Mbombo Njoya, neuf mois et presque rien…

La fin des scandales à répétition dans le football camerounais n’est certainement pas pour demain. Après trois trimestres d’activités du nouvel exécutif, la fédération traine toujours ses vieux démons.

Le rêve du changement était si beau que les uns et les autres n’ont pas présagé que la Fécafoot continuerait de ressasser les tares neuf mois âpres la tenue des élections. La Fédération new look, version Seïdou Mbombo Njoya, soutenue par deux grandes pointures de l’univers du football camerounais, deux portefeuilles lourds de milliards de CFA, Samuel Eto’o et Gilbert Kadji, tarde à donner vie à la riche profession de foi présentée aux électeurs en décembre 2018.

La chronique des scandales à la fédération se consolide chaque jour un peu plus de faits divers en tous genres. Le fameux contrat jamais signé entre la fédération et l’équipementier Le Coq Sportif fait des vagues. A tel point que la sélection nationale U23 a joué le 4 septembre dernier avec les équipements de deux firmes : Puma (maillots et shorts) et Le Coq Sportif (en bâts). Une grande première dans la vie des sélections nationales. Et jusqu’à ce jour, le flou règne sur le deal avec cet équipementier français. La transparence promise par Seïdou Mbombo Njoya sur tous les contrats n’était visiblement qu’une vaine parole destinée à évacuer les questions, sans doute trop curieuses, des hommes de médias. La preuve : le flou entoure également les clauses du partenariat renouvelé avec une multinationale exerçant dans le domaine des télécoms.

La gestion de la dernière Coupe d’Afrique des nations Égypte 2019 a également traduit son refus de transparence et son défaut de planification. A l’instar de ses prédécesseurs et en connivence avec le ministère des Sports, la fédération bafoue le décret présidentiel qui exige que les primes des joueurs pour une compétition internationale soient arrêtées et communiquées à ces derniers au moins deux mois avant le coup d’envoi. Le scandale du départ tardif des Lions pour la Coupe d’Afrique n’en était qu’une des conséquences. Et durant la longue phase des négociations où les joueurs avaient par ailleurs les yeux pointés sur leurs primes de sponsoring que gère la fédération, le président de la Fécafoot est resté muet jusqu’à la confirmation que l’État n’est plus disposé à en rajouter sur le montant proposé, avant de promettre une prime de cinq millions à chaque athlète. Ce que les joueurs ont finalement refusé au regard de la controverse que les négociations avaient suscité sur la toile.

Seïdou Mbombo Njoya, c’est aussi le limogeage de dizaines d’employés de la fédération pour des raisons économiques, mais l’augmentation des salaires des cadres. L’un de ses premiers actes comme manager fût de mettre à l’écart sans justification Joseph Ndoko, troisième meilleur entraineur de la dernière CAN féminine, après qu’il ait qualifié les Lionnes à la dernière coupe du monde féminine en France.

Parlant de ce football féminin, il faut dire que le championnat est presque inexistant. Le Comité exécutif vient de mettre sur pied une Ligue spécialisée composée de quelques visages de la commission qui l’animait auparavant sans succès. L’on annonce dans la foulée l’entrée en scène de la Ligue de football jeune pour corriger le manque de compétitions pour cette catégorie. Car jusqu’à présent, la pratique du football continue d’être un luxe pour des jeunes de plusieurs régions du pays.

En neuf mois passés à la Fédération, le nouvel exécutif n’a pas grossi le fichier des pratiquants de la discipline. Chose curieuse, la Fécafoot ne compte pas 50 000 licenciés dans un pays connu comme un vivier de talents au kilomètre carré. L’indicateur le plus récent en la matière est la victoire des Lions U17 à la dernière Coupe d’Afrique 2019, eux qui n’ont pas de tournoi local propre à leur catégorie. Les champions d’Afrique cadets préparent d’ailleurs la Coupe du monde avec leur entraineur par intérim et sans contrat. Quelques jeunes évoluant à l’étranger sont appelés pour renforcer sa sélection. Pourtant, le décret du chef de l’État de 2014 fait des équipes nationale U15 et U17, une propriété exclusive des joueurs évoluant dans les compétitions organisées par la Fédération camerounaise de football. Un autre acte de défiance de la fédération.

Les premiers mois du mandat de Seïdou Mbombo Njoya font planer des doutes sur sa capacité à relever les défis qu’il s’est fixé, et les attentes que ses électeurs et même son soutien Eto’o ont placé en lui. Prenant sa retraite professionnelle ce début de mois de septembre, Samuel Eto’o a une fois de plus laissé entendre qu’il soutient l’exécutif en place à la fédération et ne ménagera point son dirigeant en cas d’échec. « J’avais été approché par tous les candidats, et j’ai décidé de soutenir Seïdou … s’il échoue je serai très dur avec lui. Je lui dirai le premier qu’il a merdé », a déclaré le meilleur buteur de l’histoire des Lions indomptables (56 buts), quatre fois meilleur joueur africain, au micro d’Alain Foka de Radio France internationale. Presque une année écoulée, Seïdou en a encore trois devant lui, et la liste des projets à réaliser reste immense.

Merci

C’était mon penalty

Par Christian Djimadeu, journaliste
christiandjimadeu@gmail.com

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