Cameroun

Lions indomptables du Cameroun: Nos métis adulés, mais peu chanceux

Depuis 1972 avec un certain Jean Pierre Tokoto, plusieurs générations de footballeurs au sang mêlé, au teint hybride ont fait partie de l’équipe nationale de football du Cameroun. Avec comme points communs des séjours de courte durée et sans lauriers.

De Jean Pierre Tokoto à Eric Maxim Choupo Moting, que de peaux mulâtres en sélection nationale. Cheveux longs, physique d’Appolon, touches de balle séduisantes, ces footballeurs ont le mérite de grossir l’effectif de femmes qui s’intéressent aux Lions indomptables. La presse locale salue en général le refus de jouer pour de l’argent en faisant le choix de défendre les couleurs du Cameroun, leur équipe de cœur. Pour la préparation à la CAN 2019, trois joueurs au teint métis étaient dans l’effectif des 37 joueurs présélectionnés. Parmi eux Éric Maxime Choupo Moting, le joueur métis qui a le plus mis du temps dans cette équipe nationale. Dans six mois, il sera à sa dixième année au sein des Lions indomptables. Un cas d’une extrême rareté.

Jean Pierre Tokoto

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Il est convoqué en sélection pour la première fois à l’âge de 16 ans. Il dispute la CAN 1972 organisée par le Cameroun. Il est désigné meilleur joueur de la compétition malgré l’élimination de son pays en demi-finale par le Congo qui plus tard remporte le tournoi. Son pays se contente de la troisième place grâce à sa victoire sur le Zaïre (5-2), dont deux buts signés Tokoto. Après, il ne sera plus présent en sélection pendant dix ans et fera son retour pour qualifier le Cameroun à la coupe du Monde 1982 avec entre autres Théophile Abéga, Grégoire Mbida, Joseph-Antoine Bell et Roger Milla. Mais le changement de sélectionneur ( Zutic Branko par Jean Vincent ) sera fatal pour Tokoto, presque parvenu au terme de sa carrière. Il ne jouera que quelques minutes des deux premiers matchs et sera titularisé au dernier match contre l’Italie. Les Lions sont éliminés au premier tour sans pour autant perdre de match. Jean-Pierre dira qu’il aurait fallu que le coach fasse jouer l’équipe plus offensivement en prenant plus de risques. Ces propos n’auront pas plu en haut lieu. Mais, sans souci pour Tokoto qui avait décidé d’arrêter sa carrière après seulement 20 sélections chez les Lions indomptables.

Philippe N’dioro

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Entré à l’équipe nationale en 1985 sur convocation du sélectionneur Claude LeRoy pour prendre part au tournoi de l’UDEAC au Gabon, le fait de n”avoir pas briller avec le Cameroun constitue l’un des plus grands regrets de sa carrière. En effet, dans une interview accordée en 2008 au site d’informations Camfoot.com, l’ancien l’attaquant de l’OGC Nice dit sa déception. « S’il y avait eu un entraîneur dans les Lions qui ne soit pas rude peut être que j’aurais fait une grande carrière dans les Lions ». Après quelques matchs sous le maillot vert rouge et jaune, l’aventure avec son pays de cœur qu’il a choisi au détriment de la France s’achève très vite. . « Je n’ai pas eu d’explications en fait. On ne m’a plus appelé et pourtant je continuais de briller en France. Je n’ai pas fait de lobbying ou crié. Je suis un garçon tranquille, je ne fais pas de politique. On ne m’a plus appelé, après ma vie à pris un autre sens. C’est un regret, mais on vit avec ; ce n’est pas la fin du monde (…) J’avais fait le choix du cœur, je ne regrette pas ce choix bien sûr, mais j’aurais bien voulu faire la coupe du monde avec les Lions », a-t-il confié au confrère de Camfoot.com.

Jean-Joel Perrier Ndoumbe

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Convoqué pour la première fois en 2003 contre la Côte d’Ivoire, c’est à la Coupe des Confédérations en France qu’il se dévoilera. Cette compétition fût une réelle consécration pour Perrier. L’image du défenseur métis au crâne nu, victime d’un violent choc à la tête contre le Brésil de Ronaldinho est sans doute encore frais dans les mémoires.
Le Cameroun termine la compétition par une défaite en finale face au pays organisateur, mais Perrier aura réussi son baptême du feu dans une défense qui n’aura laissé passer qu’un seul but. Mais en 2004 les choses se compliquent pour lui. Il n’intègre plus les plans de son coach d’Auxerre et s’en va à Rennes. Il est néanmoins sélectionné pour la CAN 2004 en Tunisie où les Lions indomptables, champion en titre ont présenté pâle figure. Les lions prennent beaucoup de buts et sont éliminés en quarts de finale par le Nigeria (1-2). Perrier est indexé sur le second but marqué par Utaka suite à une contre attaque où le défenseur était mal positionné. Deux ans plus tard, il n’est pas sélectionné pour la CAN 2006 en Egypte. Quelques mois après la CAN, en l’absence de Rigobert Song, il aura une chance lors d’un match amical face à la Hollande. Perrier ne se montrera pas à son avantage. Face à un Arjen Robben toujours virevoltant, Perrier privilégiera souvent la force pour récupérer le ballon, ce qui lui vaudra d’ailleurs un carton jaune. Ce match marquera la fin de Doumbe avec les lions.

FALEMI NGASSAM NANA

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Falemi Ngassam Nana a fait sa première apparition avec le Cameroun en mars 2003, lors d’un tournoi amical à Tunis. Comme Ndoumbe Perrier, ce milieu défensif a été auteur d’une belle coupe des Confédérations et a participé à la coupe d’Afrique 2004. Passée la compétition en Tunisie, Winfried Schaeffer le convoque pour la dernière fois pour un match amical contre la Bulgarie le 28 Avril 2004 et après, ce fut tout ! Durant ce match, il n’a livré que trois minutes, entré en fin de partie en remplacement du capitaine Rigobert Song.

Assou-Ekotto ; Joël Matip

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Ils ont particularité d’etre sortis de l’équipe au meme moment, après le mondial 2014 au Brésil. Benoît Assou-Ekotto , latéral gauche, arrivé en 2009 a durant ses cinq années été l’une des pièces maîtresses du dispositif tactique des Lions indomptables. Joueur à la fierté affirmée, très peu disert, il fait partie des joueurs «bannis» après le Mondial brésilien. Son coup de tête manqué sur l’un de ses coéquipiers, Benjamin Moukandjo, en plein match de coupe du monde avait suffi pour ne plus le convoquer. Joël Matip par contre a claqué la porte suite à de nombreuses frustrations subies : clannisme dans la sélection, et manque de professionnalisme. Le vainqueur de la Ligue européenne des champions 2019 accorde une fin de non-recevoir à toutes les opérations de séduction pour son retour dans l’équipe. Sa déception s’est sans doute encore renforcée suite à la déconvenue de son frère aîné Marvin Matip, qui, présent lors des éliminatoires de la CAN 2017, a dû passer avec le reste de l’équipe, plusieurs heures d’attente à l’aéroport de Douala, pour cause de mauvaise organisation du voyage des Lions indomptables vers l’Afrique du Sud.

Eric Maxim Choupo Moting

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C’est le métis qui a le plus su se tropicaliser. Neuf ans de présence (presque) continue chez les Lions indomptables. Arrivé en 2010 au même moment que Joël Matip, il est le seul “survivant blanc” à tous les soubresauts de la tanière. C’est sous l’ère Hugo Bross qu’il passe son plus sale temps, dissimulant peu son malaise. D’aucun l’ont accusé de le traduire par des « blessures diplomatiques » . Mais depuis l’avènement du duo néerlandais Seedorf et Kluivert, l’attaquant du Paris Saint-Germain est au sommet de son art. Auteur de deux magnifiques buts pendant les éliminatoires de la CAN 2019, il est pressenti pour être le capitaine des troupes à la prochaine coupe d’Afrique. Lui qui donne déjà rendez-vous à ses fans en finale sera-t-il le premier métis à remporter un trophée avec les Lions ?

Merci

Par Christian Djimadeu, journaliste

Baromètre Communautaire

christiandjimadeu@gmail.com

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